Valises de rêves

l'imagination la plus folle a moins de ressources que le destin

25 janvier 2007

Auroville - 1

IMGP6770Auroville... Avant de mettre pied a Pondicherry, j'etais intriguee par le concept meme de cette "ville de l'Aurore" fondee il y a 39 ans par la Mere, une francaise, compagne spirituelle de Sri Aurobindo. Des noms inconnus, et un vaste point d'interrogation. J'ai commence par aller a Auroville, en louant un velo a Pondicherry, mais j'ai choisi un mauvais jour : c'etait mercredi, le quatrieme jour du Pongal... Pas tres a l'aise sur mon velo dans la circulation, je sors de la ville en zigzagant entre les rickshaws, les pietons, les voitures, les motos, les bus... La route est parfaitement plane, et elle longe la cote. Apres les dernieres maisons de Pondicherry, des plantations de cocotiers bordent l'asphalte, jetant une ombre poudreuse sur quelques huttes en bambous disseminees sous les arbres. Sur la route, de nombreux occidentaux a moto passent dans les deux sens. Apres 5 km, j'arrive au croisement d'ou part la route pour Auroville. Il vaut mieux demander sa direction car le panneau, plante exactement au niveau de l'embranchement, n'est ni tres visible ni tres pratique. De la restent 8 km a parcourir jusqu'au Centre des visiteurs, qui est le premier endroit ou obtenir des renseignements quand on arrive. Des deux cotes de la route se suivent des guest houses, restaurants, boutiques d'artisanat ou ateliers de sculptures, la plupart fermes. Le premier village que je traverse est en pleine effervescence : une statue doree de Ganesh, protegee sous un chapiteau de velours rouge, est transportee dans un petit chariot tire par un tracteur. Autour, des jeunes filles vetues de rouge semblent attendre le debut d'un defile. Sous les arbres, sont etalees des batteries de cuisine en inox, et des gadgets de fete foraine, aussi inutiles que seduisants, fleurs artificielles, telephones mobiles en plastique rose, ballons en peluche... Je continue ma route dans ce qui ressemble a un vaste parc, ou les plantations de differentes especes se succedent. Auroville, quand elle a ete creee, se trouvait sur un plateau de terre rouge aride et ravinee. Ses habitants ont plante plus de 2 millions d'arbres, transformant les lieux en un grand espace frais et ombrage. Faire du velo sur cette petite route toujours plane est un vrai bonheur. De rares panneaux indiquent des directions aux noms etranges, comme "Unity", "Solar Kitchen", "Certitude". Au Centre des visiteurs, le portail est ferme et les gardiens me rappellent qu'aujourd'hui, c'est (encore!) Pongal, et jour ferie. Bon. Je rebrousse chemin et vais voir le Matrimandir, la sphere doree qui represente le coeur d'Auroville. En son centre, une salle de meditation en marbre contient un cristal que traversent les rayons du soleil. Mais les travaux sont interminables et le Matrimandir est semble-t-il rarement accessible au public, sauf de loin. Un parcours delimite par des ficelles draine le flux des visiteurs, pour la plupart des Indiens venus en bus de tourisme. Douze jardins rayonnent autour du Matrimandir, representant douze etats de l'humanite.

IMGP6793Je reprends mon velo, et continue a explorer les routes d'Auroville. Je debouche a un moment, presque par megarde, sur un terrain qui entoure la Cuisine Solaire, fermee elle aussi. En fait, a ce stade je commence a me demander ou se trouve reellement Auroville! Quant a ses habitants, tous ceux que je croise sont a moto, et filent, cheveux au vent, visage bronzes. Des jeunes et des moins jeunes, qui ont tout de 'vieux hippies", habilles exactement comme leurs cadets, mais les cheveux gris ou blancs, et des rides en plus. Une mamie a cheveux blancs porte meme des couettes. Un peu perplexe, non a cause des couettes (enfin, un peu quand meme!) mais parce que je n'arrive pas a me faire une idee de ce qu'est vraiment Auroville, je continue ma balade.

Puisque tout est ferme, il reste la plage, au niveau de l'embranchement avec la route qui relie Pondicherry a Madras. Eh bien, pour la seance de baignade et bronzette, ce n'etait pas non plus le bon jour! Les indiens ont tellement bien fete Pongal, et surtout arrose, que la plage est pleine d'hommes saouls, qui titubent en plein soleil. Un petit groupe d'occidentaux est installe sur des serviettes. J'apprends que d'abitude cette plage, Auroville Beach, est tacitement separee en deux, un cote pour les Indiens et l'autre pour les etrangers. Mais aujourd'hui, les gardes cotes qui font respecter cet etat des choses sont en conge. Et les Indiens sont ivres. Un jeune anglais, benevole dans une ONG de developpement rural me dit qu'Auroville n'est pas vraiment accueillante pour les visiteurs, et que lui non plus n'arrive pas a determiner ou se trouve vraiment la ville, ni ce qui la constitue. Les panneaux qui indiquent mal les directions egarent un peu plus les badauds. Il me raconte que le proprietaire de sa Guest House a passe la premiere anne de test pour devenir Aurovillien, puis qu'il a abandonne car le systeme ne lui plaisait pas. "Apres la mort de la Mere, on raconte que les choses ont change, c'etait elle qui etait au centre de tout le projet, et personne n'a vraiment pris la releve." La conversation est interrompue car ses deux copines Hollandaises en maillots de bain declenchent presque une emeute, en refusant de voir l'attroupement d'hommes hilares qui les regardent avec des yeux prets a sortir de la tete, en faisant des photos avec leurs telephones. Un garde cote en conge s'approche et leur demande de se rhabiller, ce qu'elles finissent par faire avant que les choses degenerent. Peu apres, une escouade de gendarmes en uniformes, hommes et femmes, arrivent sur la plage avec leurs matraques et interdisent tout bonnement la baignade, sans doute de peur que les ivrognes se noient. Bon. Decidement cette journee n'est pas propice a grand chose! Je reprends la route pour Pondicherry. J'ai l'impression de n'avoir rien vu, rien compris d'Auroville. Je vais devoir revenir. Le lendemain, alors que je bois un lassi dans une petite boutique de jus de fruits, une Francaise vient s'asseoir a cote de moi et entame la conversation. C'est une parisienne, qui commence par me dire qu'elle est venue se faire refaire les dents ici car les soins dentaires sont beaucoup moins chers qu'en France. Elle est logee dans une maison indienne, a Auroville. Cela fait plusieurs annees qu'elle vient, car elle aime l'endroit, meme si elle ne parle pas du tout anglais. Sur Auroville, elle me dit plus ou moins la meme chose que l'anglais la veille. "Apres la Mere, il y a eu son successeur spirituel, mais ensuite il s'est retire, il y a longtemps, et certains racontent qu'il est toujours a Auroville, mais qu'il se cache..." D'apres elle, les habitants ne sont pas faciles a rencontrer, et beaucoup de rumeurs courent sur l'argent, la hierarchie, la politique qui preside aux decisions prise a Auroville. L'air d'une conspiratrice, elle me glisse "On dit que tout en haut, ce sont des Juifs qui tirent les ficelles". Hum. Decidement Auroville ressemble a une star, drapee dans un mystere propice a toutes les rumeurs. 

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03 février 2007

Auroville - 2

IMGP6890Deux jours apres ma premiere excursion, je retourne a Auroville en bus, et loue un velo une fois arrivee a Auroville Beach. Circuler sur les petites routes ombragees est toujours aussi agreable. Je m'arrette a une petite librairie qui propose des livres de Sri Aurobindo, la Mere et autres figure sspirituelles, et discute un moment avec le proprietaire, un jeune homme originaire de l'Orissa. Il a fait partie de la communaute d'Auroville pendant plusieurs annees, mais la realite n'etait pas a la hauteur de ses attentes et il a ete decu. Decu par l'ambiance de travail, tout a fait ordinaire et terre a terre -il a travaille a Auroville en tant que serveur, commercial et porofesseur de maths... Decu par l'importance de l'argent dans le systeme, decu par la politique dans les prises de decisions. Il pense desormais qu'il n'est pas possible de fonder une grande communaute sur des bases spirituelles. Il a donc prefere quitter Auroville et ouvrir sa librairie, car il pense qu'un livre peut changer le cours d'une vie... Il raconte que la Mere avait une vision tres precise de ce qu'elle voulait creer. Elle voyait une ville de 50 000 habitants, avec un areoport international, et pensait qu'en l'an 2000 les Jeux Olympiques se derouleraient a Auroville. Apres sa mort, l'esprit des lieux s'est delite. Le libraire m'explique que les differents aspects d'Auroville sont geres par de petits groupes. Si le Matrimandir n'est toujours pas fini, c'est parce que les membres du groupe responsable ne parviennent pas a se mettre d'accord sur son amenagement...

Cette fois-ci, le centre des visiteurs est ouvert. Je peux donc regarder une video qui presente de facon tres esthetique et tres inspirante le reve de la Mere. Elle voulait fonder une cite basee sur l'unite humaine, sur l'emulation et la quete du progres collectif, Le projet qu'elle a lance, a la fin des annees 1960, etait celui d'une ville ideale, un laboratoire experimental ou chaque individu pourrait s'epanouir en l'absence de toute contrainte materielle, dans un environnement propice a l'harmonie, en constante recherche d'amelioration. Mais le film depeint une vision plus qu'une realite. Les realisations concretes d'Auroville ont eu lieu au tout debut de sa creation. Apres l'inauguration en 1968, lorsque de la terre venant de presque tous les pays du monde a ete versee dans une urne en forme de lotus et que la Mere a lu sa charte fondatrice. Les premieres installations ont ete rapidemment construites, dans des conditions rudes : pas d'eau ni d'electricite, et une chaleur torride sur le plateau desertique. Les premiers pionniers, portes par l'energie federatrice de la Mere, ont donc commence a concretiser son reve. Les personnes interviewees dans la video evoquent toutes la puissance de la Mere, son charisme, sa capacite a communiquer aux autres l'envie de participer a une experience collective totalement unique. "Quand elle parlait de son projet, on avait envie del'accompagnber, de faire partie de l'aventure" se souvient un aurovillien qui l'a cotoyee.

Mais depuis les progres se sont ralentis. Cependant Auroville utilise des energies renouvelables, l'agriculture biologique, a mis en place un reseau d'eau "energisee". Et de nombreux produits sortent de ses unites artisanales : savons, encens, vetements, fromages (un choix impressionant de delicieux fromages), pain, livres et cartes postales... Le tout de bonne qualite et vendu a des prix assez eleves. L'aspect commercial d'Auroville, qui avait pour ambition d'etre independante et auto-suffisante, est florissant. Les villages qui se trouvent dans la zone d'Auroville beneficient aussi de la ville, apparemment. Les villageois travaillent dans les unites de production, des ecoles ont ete crees afin de leur fournir une meilleure education... Le passage des touristes fait egalement vivre les petits commerces locaux. A Pondicherry, un papetier a qui j'achete un crayon et une gomme, et avec qui je bavarde un moment, me dit "Le niveau de vie des habitants autour d'Auroville s'est ameliore depuis que la ville existe. Auroville a eu des effets positifs sur l'environnement et pour les villageois."

A ce stade, une question se pose a moi. Mais qui est donc la Mere? Une abondante litterature lui est consacree et satisfait ma curiosite. Elle est nee a Paris en 1878, sous le nom de Mirra Alfassa. Son pere etait Turc et sa metre Egyptienne. Deux pays qui se trouvent a la jonction entre l'Orient et l'Occident, comme le souligne sa biographie, qui ajoute qu'elle a incarne de facon remarquable cette union entre les deux axes opposes. Des l'age de 5 ans, la fillette pratique la meditation et se sent investie d'une mission... Sur une photo ou Mirra a 8 ans, elle pose, tres droite, le visage extremement serieux, empreint d'une intensite surprenante. De ses yeux noirs, elle vous vrille d'un regard sans fond. Une etrange petite fille, qui a deja une presence hors du commun. A travers l'occultisme, les experiences psychiques et spirituelles, elle developpe des capacites partciulieres. L'existence de Dieu lui est revelee ainsi que la possibilite pour l'homme de parvenir a une union avec le divin en le manifestant dans sa propre vie grace a une discipline spirituelle. Elle fonde differents groupes d'etudes spirituelles. Dans l'un d'eux, intitule "Cosmique", on retrouve Alexandra David-Neel, la tibetologue. L'objectif que Mirra se fixe a cette epoque, est la realistation progressive d'une harmonie universelle. En parallele, Mirra Alfassa evolue pendant 10 ans dans le milieu artistique parisien de l'epoque, parmi les impresionnistes, et epouse en premieres noces un peintre de l'ecole de Gustave Moreau.

Sri Aurobindo, quant a lui, est un pillier de la culture indienne. Poete, politicien dans ses jeunes annees, philosophe et yogi, Sri Aurobindo a developpe une nouvelle forme de spiritualite "pratique", le Yoga integral, dont le but est de faire decouvrir l'unite en tout et d'evoluer vers une conscience plus elevee que le mental, vers une "supermind". Quand Mirra rencontre Sri Aurobindo a Pondicherry en 1914, elle reconnait en lui un etre superieur, qui lui est deja apparu au cours de ses meditations. De fait, ils poursuivent tous les deux la meme quete, et travaillent a une perpetuelle elevation de la conscience humaine, en vue de manifester le divin sur terre. Six ans plus tard, elle revient en Inde, d'ou elle ne partira plus. Desormais compagne spirituelle de Sri Aurobindo, elle fonde avec lui un ashram qui attire aujourd'hui encore a Pondicherry un nombre impressionnant de fideles. Aurobindo est mort longtemps avant que la Mere mette sur pied le projet Auroville. Elle est decedee a 95 ans, intense et inspiree jusuq'a la fin.Aujourd'hui, tout Pondicherry venere ces deux etres hors du commun, comme des dieux vivants. Leurs portraits sont accroches dans les hotels, les magasins, les restaurants, a la gare... Dans l'epicerie ou j'achete de l'eau minerale tous les jours, un grand calendrier presente une photo en noir et blanc de la Mere, juste derriere le comptoir. La proprietaire est une petite dame au visage rond, comme la plupart des femmes que l'on croise ici, avec de grandes lunettes. Derriere les verres, elle a un regard penetrant. Son sourire est leger, mais expressif. Menju est venue a Pondicherry avec son mari il y a 30 ans, pour voir l'ashram, et elle n'a plus jamais voulu repartir. "J'ai senti que c'etait un endroit ou je voulais vivre". Elle lance un coup d'oeil en direction de son mari, qui est completement dissimule derriere le comptoir "Je l'ai convaincu de rester" explique-t-elle avec un eclat de malice dans le regard. "Je voulais rester pour travailler dans l'ashram, pour y etudier." Elle parle a voix basse, et je dois tendre l'oreille pour comprendre son anglais precis mais roulant comme des galets dans une riviere. "La Mere, c'est une divinite. Sri Aurobindo, lui, nous a laisse des textes et un enseignement eleves." Elle se penche sous le comptoir et extrait d'une etager un sachet de plastique qui protege des livres relies en cuir pourpre. Les dorures son tusees, et les pages abondamment annotees. Ce sont des recueils de poemes et de textes d'Aurobindo. Menju me regarde, le visage illumine par la foi. Plus que les mots, son attitude toute entiere fait echo a son respect, sa gratitude pour les deux personnages qu'elle evoque. Elle penche la tete sur le cote et ses yeux transmettent quelque chose qui est d'une nature lumineuse et pure. Elle me demande si je suis deja allee a l'Ashram. Elle-meme y va tous les jours pour travailler et mediter. "Aurobindo et la Mere voulaient l'unite de l'humanite -une ere nouvelle. Et pas seulement en Inde, mais dans le monde entier" explique-t-elle en tapotant la couverture du recueil de poemes. "On dit que la nature rassemble les hommes, qui sont tellement divises aujourd'hui. Eh bien, voyez le tsunami: il a rassemble les peuples, a travers tous les dons qui  ont ete faits. La nature a vraiment le pouvoir de rassembler les hommes" conclue-t-elle.

Baignee de l'atmosphere mystique qui regne dans l'epicerie de Menju et son discret mari, je me rends a l'ashram dans l'apres-midi. Des que l'on passe la porte, on penetre dans un jardin de rocailles, et de dalhias en pots. Des dizaines de fleursqui offrent leur tete ronde au soleil. Dans la cour, sous un venerable flamboyant, se trouve le tombeau dans lequel reposent la Mere et Aurobindo. Il est couvert de fleurs qui dessinent des motifs colores. Venere comme un autel, le tombeau de marbre recoit les devotions des visiteurs. Agenouilles devant le monument, ils posent le front sur le rebord de pierre, touchent les fleurs du bout des doigts, en prelevent parfois pour les emporter ou les manger. Je m'assois par terre parmi les gens qui font face au tombeau. L'atmosphere est chargee d'un eenergie palpable, qui me rappelle la paix et la serenite qui planent sous le Bodhi Tree a Bodhgaya. Les deux etres qui reposent la ont sans doute rayonne avec une telle intensite qu'ils ont impregmes les lieux. Je me sens en paix, l'esprit tire vers le haut. C'est tellement puissant, que mon mental se demande s'il est bien temoin de ce qu'il percoit. Je reste assise la peut-etre une heure, puis je me sens prete a ressortir de la cour, comme si j'avais absorbe suffisamment de calme et d'energie pour cette fois. Je suis retournee tous les jours a l'ashram de Sri Aurobindo jusqu'a mon depart de Pondicherry. Simplement m'asseoir pres de l'arbre et du tombeau, contempler les fleurs, fermer les yeux et me laisser envahir par la lumiere des lieux.

Posté par eleonore collin à 05:44 - Auroville - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 février 2007

Auroville, suite et fin

Finalement, d'Auroville, je retiendrai surtout les etres et l'epoque qui ont permis sa creation. Cette ville ideale etait une utopie, un reve ne dans l'esprit d'une femme hors du commun, qui a mene une vie dediee aux recherches spirituelles. En Inde, ou le sacre est constamment present, cela ne semble pas pas si etrange... J'ai rencontre un Francais qui est arrive a Pondicherry en 1968, l'annee de l'inauguration d'Auroville. Il a suivi de pres l'evolution de l'experience, surtout dans les premieres annees. "Sur la cinquantaine de personnes qui etaient la au debut, il n'en reste plus qu'une dizaine. Certains sont restes 10, 20 ans, puis en ont eu assez et sont partis. Aujourd'hui, il doit y avoir environ 300 familles qui vivent a Auroville. Des Europeens pour la plupart. On devrait dire "Euroville", sourit-il. Au depart, Auroville etait un bel ideal... Pas d'argent, un systeme communautaire ou chacun construisait sa maison, participait aux travaux, mais ne possedait rien... Les enfants des premiers habitants ont maintenant plus de 30 ans. Ils se moquent completement des idees de leurs parents! Et dans les fetes qui ont lieu toutes les semaines, l'alcool fort et les drogues circulent." Il hausse les epaules et fait une grimace deabusee. Du reve a la realite... Finalement, Auroville, chacun en a sa vision. Pour ma part je n'aurais fait que sillonner la surface des choses, en parcourant les routes ombragees du site, decouvrant au hasard de mes tours et detours des pavillons futuristes niches dans la verdure, une fabrique de savons artisanale, des jardins botaniques et des serres... En repartant en fin d'apres midi, je suis passee devant une aire de jeux ou des adolescents jouaient au foot  et de petites tetes blondes courraient sous l'oeil attentif de leurs mamans. il n'y avait la pratiquement que des occidentaux. S'installer a Auroville coute cher, comme le precise une brochure destinee aux visiteurs qui souhaiteraient tenter l'experience : il faut compter au moins 45 000 euros pour les trois premieres annees, afin de construire sa maison, acheter un deux-roues... Auroville attire les curieux, les personnes en quete de vie spirituelle, ceux qui veulent vivre autrement... Mais ce n'est pas exactement la grande ville ideale imaginee par sa fondatrice, il y a plus de 40 ans. Une autre epoque... 1968, c'est aussi l'annee ou les Beatles sont venus passer plusieurs mois a Rishikesh, dans un ashram, ou ils ont compose pres d'une cinquantaine de morceaux... L'aventure s'est terminee abruptement, ils sont partis en traitant leur gourou d'escroc. Plus nos attentes sont elevees, plus on risque d'etre decu...

Posté par eleonore collin à 07:07 - Auroville - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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