Valises de rêves

l'imagination la plus folle a moins de ressources que le destin

06 février 2007

Auroville, suite et fin

Finalement, d'Auroville, je retiendrai surtout les etres et l'epoque qui ont permis sa creation. Cette ville ideale etait une utopie, un reve ne dans l'esprit d'une femme hors du commun, qui a mene une vie dediee aux recherches spirituelles. En Inde, ou le sacre est constamment present, cela ne semble pas pas si etrange... J'ai rencontre un Francais qui est arrive a Pondicherry en 1968, l'annee de l'inauguration d'Auroville. Il a suivi de pres l'evolution de l'experience, surtout dans les premieres annees. "Sur la cinquantaine de personnes qui etaient la au debut, il n'en reste plus qu'une dizaine. Certains sont restes 10, 20 ans, puis en ont eu assez et sont partis. Aujourd'hui, il doit y avoir environ 300 familles qui vivent a Auroville. Des Europeens pour la plupart. On devrait dire "Euroville", sourit-il. Au depart, Auroville etait un bel ideal... Pas d'argent, un systeme communautaire ou chacun construisait sa maison, participait aux travaux, mais ne possedait rien... Les enfants des premiers habitants ont maintenant plus de 30 ans. Ils se moquent completement des idees de leurs parents! Et dans les fetes qui ont lieu toutes les semaines, l'alcool fort et les drogues circulent." Il hausse les epaules et fait une grimace deabusee. Du reve a la realite... Finalement, Auroville, chacun en a sa vision. Pour ma part je n'aurais fait que sillonner la surface des choses, en parcourant les routes ombragees du site, decouvrant au hasard de mes tours et detours des pavillons futuristes niches dans la verdure, une fabrique de savons artisanale, des jardins botaniques et des serres... En repartant en fin d'apres midi, je suis passee devant une aire de jeux ou des adolescents jouaient au foot  et de petites tetes blondes courraient sous l'oeil attentif de leurs mamans. il n'y avait la pratiquement que des occidentaux. S'installer a Auroville coute cher, comme le precise une brochure destinee aux visiteurs qui souhaiteraient tenter l'experience : il faut compter au moins 45 000 euros pour les trois premieres annees, afin de construire sa maison, acheter un deux-roues... Auroville attire les curieux, les personnes en quete de vie spirituelle, ceux qui veulent vivre autrement... Mais ce n'est pas exactement la grande ville ideale imaginee par sa fondatrice, il y a plus de 40 ans. Une autre epoque... 1968, c'est aussi l'annee ou les Beatles sont venus passer plusieurs mois a Rishikesh, dans un ashram, ou ils ont compose pres d'une cinquantaine de morceaux... L'aventure s'est terminee abruptement, ils sont partis en traitant leur gourou d'escroc. Plus nos attentes sont elevees, plus on risque d'etre decu...

Posté par eleonore collin à 07:07 - Auroville - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Finalement, c'est doux-amer, cette visite à Auroville... d'ailleurs où en sont aussi les "soixante-huitards" en France, avec leurs idéaux? leurs enfants aussi s'en fichent, c'est bien connu... et ça a donné la gauche-caviar! Les grands idéaux collectifs ne seraient-ils pas viables? pourtant, on aimerait tant!
Dans un tout autre ordre d'idées, dis-nous où les Indiens cultivent ces millions de fleurs qu'ils utilisent partout et tout le temps? as-tu vu des champs?
Au fond, le quotidien a aussi de quoi nous faire rêver... Surtout celui que tu nous racontes. On t'embrasse fort, au Carteron.

Posté par maman, 06 février 2007 à 09:36

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